
L'Agence française anticorruption (AFA) et le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) ont publié la première étude statistique nationale sur les atteintes à la probité en France. Cette étude constitue une avancée majeure dans la connaissance du phénomène corruptif sur le territoire national.
Jusqu'à cette publication, les données disponibles sur la corruption et les infractions connexes étaient parcellaires et ne permettaient pas d'avoir une vision d'ensemble du phénomène. Cette étude comble ce manque en proposant une analyse quantitative et qualitative des atteintes à la probité enregistrées par les services de police et de gendarmerie.
La réalisation de cette étude répond également à un impératif international. Les conventions anticorruption ratifiées par la France (Convention de l'OCDE, Convention des Nations Unies contre la corruption) imposent aux États parties de collecter et de publier des données statistiques sur les infractions de corruption.
Les évaluations du GRECO (Groupe d'États contre la corruption du Conseil de l'Europe) et du Groupe de travail de l'OCDE sur la corruption avaient régulièrement souligné le manque de données statistiques fiables en France et recommandé la mise en place d'un système de collecte harmonisé.
L'étude révèle que près de 800 infractions d'atteintes à la probité ont été enregistrées par les services de police et de gendarmerie en 2021. Ce chiffre, qui peut paraître modeste au regard de la population française, doit être interprété avec prudence compte tenu du caractère occulte de la corruption.
L'étude met en évidence une augmentation de 28% du nombre d'infractions d'atteintes à la probité enregistrées entre 2016 et 2021. Cette hausse peut s'expliquer par plusieurs facteurs :
Parmi les atteintes à la probité enregistrées, les faits de corruption stricto sensu représentent une part significative. L'étude distingue la corruption active (le fait de proposer un avantage à un agent public) et la corruption passive (le fait pour un agent public de solliciter ou d'accepter un avantage).
L'étude accorde une attention particulière à la prise illégale d'intérêts, infraction qui concerne notamment les élus locaux. Les données révèlent que cette infraction représente une part importante des atteintes à la probité, reflétant les situations de conflits d'intérêts auxquelles peuvent être confrontés les élus dans l'exercice de leurs mandats.
L'étude propose une analyse de la répartition territoriale des atteintes à la probité. Cette répartition fait apparaître des disparités entre les régions, qui peuvent s'expliquer par :
L'étude dresse un profil des personnes mises en cause pour des atteintes à la probité :
Au-delà de son intérêt scientifique, cette étude présente une utilité pratique pour les professionnels de la compliance :
L'AFA et le SSMSI ont annoncé leur intention de pérenniser cette étude et de la publier régulièrement, afin de disposer d'un outil de suivi de l'évolution du phénomène corruptif en France.
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