
L'enquête interne constitue un élément clé du dispositif de compliance des entreprises. Elle permet de réagir aux alertes et signalements reçus, de vérifier la réalité des faits allégués et de prendre les mesures appropriées. La conduite d'une enquête interne requiert une méthodologie rigoureuse garantissant à la fois l'efficacité des investigations et le respect des droits des personnes concernées.
Les alertes peuvent être reçues par différents canaux : dispositif d'alerte interne prévu par la loi Sapin II, signalement hiérarchique, plainte d'un tiers, découverte fortuite lors d'un audit. Quel que soit le canal utilisé, l'alerte doit être traitée avec sérieux et diligence.
Conformément aux dispositions de la loi du 21 mars 2022 sur la protection des lanceurs d'alerte, un accusé de réception doit être adressé au lanceur d'alerte dans un délai de sept jours ouvrés. Cet accusé de réception ne préjuge pas de la suite qui sera donnée au signalement.
Avant de lancer une enquête interne formelle, il convient de procéder à une analyse préliminaire du signalement pour déterminer :
L'équipe d'enquête doit être composée de personnes compétentes et indépendantes des faits à investiguer. Selon la nature et la complexité des allégations, elle peut comprendre :
Le périmètre de l'enquête doit être défini précisément dès le départ. Il détermine :
Les personnes mises en cause doivent être informées des faits qui leur sont reprochés et avoir la possibilité de s'expliquer. Le respect du contradictoire est essentiel pour garantir la fiabilité des conclusions de l'enquête et leur opposabilité ultérieure.
L'enquête doit être conduite dans le respect de la confidentialité. Les personnes interrogées doivent être informées de leur obligation de discrétion et les documents d'enquête doivent être conservés de manière sécurisée.
Tous les actes d'enquête doivent être documentés : procès-verbaux d'entretiens, inventaires des documents examinés, notes d'analyse. Cette traçabilité est essentielle en cas de contentieux ultérieur.
Le salarié mis en cause doit être informé de l'enquête dont il fait l'objet et des faits qui lui sont reprochés. Il doit pouvoir être assisté lors des entretiens, notamment par un représentant du personnel.
L'enquête interne implique le traitement de données personnelles, qui doit être conforme au RGPD. Les personnes concernées disposent de droits d'accès, de rectification et, dans certains cas, d'opposition au traitement de leurs données.
L'enquête interne doit respecter les dispositions du Code du travail, notamment en matière de procédure disciplinaire. Si l'enquête révèle des faits susceptibles de justifier une sanction, la procédure disciplinaire doit être engagée dans les délais légaux.
À l'issue de l'enquête, plusieurs suites sont possibles :
La proposition de loi Sapin III envisage de renforcer le cadre juridique de l'enquête interne, notamment en précisant les garanties devant être offertes aux personnes concernées et en clarifiant l'articulation entre enquête interne et procédure pénale.
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