
La loi du 22 décembre 2025 portant création d'un statut de l'élu local a introduit des modifications substantielles du régime de la prise illégale d'intérêts applicable aux élus locaux. Cette réforme, attendue depuis de nombreuses années par les associations d'élus, vise à mieux concilier les exigences de probité avec les réalités de l'exercice des mandats locaux.
Avant cette réforme, la jurisprudence appliquait de manière stricte l'article 432-12 du Code pénal réprimant la prise illégale d'intérêts. Les élus locaux pouvaient se voir condamnés pour avoir participé à des délibérations concernant des affaires dans lesquelles ils avaient un intérêt, même indirect ou moral, et même en l'absence de tout enrichissement personnel.
Cette situation avait conduit à des condamnations parfois perçues comme injustes par les intéressés et les observateurs, notamment dans des cas où l'élu n'avait tiré aucun avantage personnel de sa participation à la délibération.
La loi du 22 décembre 2025 modifie l'article 432-12 du Code pénal pour exclure du champ de l'infraction les situations dans lesquelles l'élu n'a qu'un intérêt public dans l'affaire. Désormais, seul l'intérêt personnel, direct ou indirect, de l'élu est susceptible de caractériser l'infraction.
Cette modification vise à mettre fin aux situations dans lesquelles un élu était poursuivi pour avoir participé à une délibération dont il ne retirait aucun avantage personnel mais qui bénéficiait à la collectivité ou à l'intérêt général.
La loi renforce également l'élément intentionnel de l'infraction en exigeant la démonstration d'une intention de favoriser ses propres intérêts ou ceux d'un tiers. Cette modification vise à éviter les condamnations d'élus qui auraient participé à une délibération sans avoir conscience du conflit d'intérêts.
La loi introduit dans le Code général des collectivités territoriales (CGCT) des dispositions visant à neutraliser les conflits d'intérêts dits « public-public », c'est-à-dire les situations dans lesquelles un élu est également représentant d'une autre personne publique (syndicat, établissement public, etc.).
Ainsi, un élu qui représente sa commune au sein d'un syndicat intercommunal peut désormais participer aux délibérations du conseil municipal concernant les relations entre la commune et ce syndicat, sous réserve de certaines conditions.
La loi précise les règles applicables en matière de déport (abstention de participation à une délibération en raison d'un conflit d'intérêts). Elle distingue les situations selon que :
La loi adapte les règles de quorum pour tenir compte des situations de déport. Elle prévoit que le quorum est apprécié après déduction des élus qui se sont déportés, afin d'éviter que les situations de conflit d'intérêts ne paralysent le fonctionnement de l'assemblée délibérante.
Cette réforme a des implications pratiques importantes pour les élus locaux :
Si cette réforme répond à une attente légitime des élus locaux, elle soulève également des questions :
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